Kingai-ryû

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Style créé par Matayoshi Shinpô. En fait, il existe peu de documents écrits concernant ce style de karate. Ce qui est frappant lorsque l’on cherche à étudier l’histoire de ce style, c’est de constater qu’encore de nos jours le mot "karate" est écrit avec les anciens caractères qui se lisent "Tôde"(唐手, Tûdi en okinwaïen). Comme de nombreux styles de karate, le nom de celui-ci reflète ses caractéristiques : alternance de force et de fluidité. Etymologiquement, "Kingaï-ryû" se compose de trois caractères chinois. Le premier, "kin" signifie, entre autre, "or", métal souple, "gaï" se traduit par "dur" et "ryû" signifie "école" ; "Kingaï-ryû" peut donc se traduire par "Ecole de la Souplesse et de la Dureté", mais à l’inverse de l'image communément transmise du Gôjû-ryû, l’accent est davantage porté sur la fluidité. Ce nom rend aussi hommage à un de ses précurseurs : l'expert chinois Kin Gaï qui enseigna sa technique à Matayoshi Shinkô.

Le Kingaï-ryû n’est pas un style qui fait une large part aux positions ancrées ; néanmoins, toutes les techniques de frappes y sont soutenues par un très bref mais puissant vissage au sol au moment de l’impact. Les techniques de poings y sont pratiquement absentes laissant la place à la main ouverte pour faciliter la rapidité des saisies. Les frappes, quelles soient de mains ou de pieds s’y font très souvent avec la pique des doigts ou des orteils ; de plus, ces techniques visent toujours des points vitaux.

Dans ce style, l’alternance de la détente musculaire et de l’explosivité de la frappe est plus poussée que dans les autres écoles. Le travail du corps revêt aussi un aspect particulier, chaque partie en est toujours en mouvement. Chaque geste est parfaitement coordonné, tout en étant indépendant, ce qui rend tout enchaînement, de la part de l’adversaire, quasiment impossible. C’est une des raisons qui rend ce style très difficile à maîtriser. L'influence du Baihe Quan/Boxe de la Grue est parfaitement visible dans les déplacements du pratiquant qui cherche toujours à se désaxer pour atteindre les points vitaux pour les frapper d'un coup fulgurant. Une autre caractéristique de ce style concerne ses applications. Dans de nombreuses écoles de combat, l’affrontement se réduit à l’opposition de deux individus. En Kingaï-ryû, les situations de défenses envisagent l'attaque de deux opposants et l'utilisation du premier agresseur vaincu comme bouclier humain. Contrairement à de nombreux styles de combat, le Kingaï-ryû ne se limite pas aux techniques de combat à mains nues. Cette école enseigne les techniques avec armes. En fait, l’élève commence toujours par pratiquer avec une arme, par la suite il commence l’étude des techniques à mains nues. Le Kingaï-ryû est en fait constitué de deux courants de Quan Fa/Boxe Chinoise, celui issu de Kin Gaï, (condisciple de Zhou Zhihe/Shû Shiwa) se rapprochant du Pan Gaï Nun, et le style importé par Wu Xiangui/Go Kenki. Le Kingaï-ryû comporte des kata à mains nues et des kata avec armes.

Parmi les kata à mains nues :

ceux provenant de Kingaï :

- Sanchin - Ôkan - Sêsan - Gojûshi Hô - Gojûshichi Hô - Ko Hô - Ko Haku

ceux provenant de Wu Xian Hui : - Happoren - Nêpai - Kaku Hô - Hakkaku shodan, nidan,sandan - Hakkaku Senshi - Hakkaku Sôtô

Parmi les kata avec armes :

Bô ( bâton ) : Shûshi no Kun, Sakugawa no Kun, Chôun no Kun, Tsuken no Kun, Chi’ishi no Kun. Saï ( trident ) : Matayoshi no Saï ichi, ni, Shinbaru no Saï. Tonfa (bras de meule) Matayoshi no Tonfa ichi, ni. Nunchaku ( fléau ) : Matayoshi no Nunchaku ichi, ni. Êku ( rame ) : Tsuken Akachû no Êkudi. Kama (faucille) : Itto Kama, Nito Kama.

Parmi les autres armes : Sansetsu Kun, Nuntê Bô, Suruchin, Kuwa, Tinbê …