Communication en situation d'agression

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Les grands éléments de ce type de communication:

  • Ne pas donner d'ordre du type "Calmez-vous!" car la personne aura la plupart du temps tendance à vous demander de quel droit vous lui donner un ordre. Exception à cette règle: si vous êtes dans une position d'autorité (police, armée, société de sécurité...) ET si vous êtes prêt à appliquer les moyens nécessaires pour faire appliquer vos instructions (bref être capable de lui déchirer la tronche)
  • Ne pas insinuer que la personne à tort en niant ce qu'elle dit... Si une personne vous dit que vous l'avez regardé de travers, inutile de lui dire que vous ne la regardiez pas, son opinion est déjà faite... Dites plutôt que vous l'avez confondu avec quelqu'un d'autres qui lui ressemble (un ancien pote de classe par exemple), que vous cherchiez quelqu'un... Et excusez-vous si il s'est senti agressé (je viendrai sur le ton plus bas, il ne s'agit pas de passer pour une carpette non plus).
  • Ne pas l'humilier ce qui n'aura que deux conséquences: soit cela démultipliera sa colère, soit cela lui donnera envie de se venger plus tard (et, comme on dit, il n'y a que les montagnes qui ne se croisent pas)
  • Le fait d'employer des questions forcent l'agresseur à réfléchir ET à faire des choix... Par exemple: "Pourquoi voulez-vous me frapper? Je ne vous ai rien fait." Force l'agresseur à faire le choix conscient d'employer la violence...

Comment ce pratique ce mode de communication? En scénario à l'entraînement... Une personne provoque l'autre, celle-ci tente de désamorcer l'agressivité. L'importance c'est la sincérité des participants... Celui qui agresse peu, entre autres, penser à une situation qui l'a réellement énervée. De la sincérité des paroles du défenseur dépendra la réaction de l'agresseur. Il ne s'agit pas de baisser sa garde tant qu'on n'est pas en zone sûre. Mais on se rend compte que si on n'est pas face à un psychopathe (proportion assez faible de la population), des excuses ou des paroles sincères calment dans la majorité des cas (surtout quand on joue le rôle de l'agresseur). Plus on fait de scénarios, plus on multiplie les situations de départ (problème en bagnole, dans un bar, au cinoche, avec des potes...), plus on développe sa capacité à faire descendre la pression chez l'autre. De plus, le fait de calmer l'autre par la parole permet de développer des ouvertures si il fallait malgré tout frapper à un moment.

Il faut bien se dire que la communication est à 60% du langage corporel, à 30% le ton de la voix et seulement à 10% le contenu des paroles... Donc une fois de plus, cela se travaille... Le langage corporel ne doit pas être agressif donc si on te pousse il faudra accepter la première poussée qui sert surtout à prendre la mesure de l'adversaire. En n'y résistant pas, cela te permet de faire prendre une confiance en lui supplémentaire à ton agresseur tout en scannant le périmètre. Il sera d'autant plus surpris si tu choisis de frapper. Le ton doit être sincère si tu tentes de t'excuser, il ne faut pas sonner faux... Au niveau du contenu, tout dépend vraiment de la situation.

Dans ce cas-ci (NB, la situation relatée est un homme manifestement sous substance qui agresse verbalement une jeune femme, l'empechant de monter dans sa voiture, une troisième personne s'interposant), il est possible d'interpeller le type en lui demandant pourquoi il s'intéresse à cette gonzesse... Et puis tu lui dis que c'est pas les filles faciles qui manquent et tu lui proposes d'aller prendre un verre dans un bistrot tout proche (si tu as le temps). Ou tu lui dis qu'il va pas perdre son temps à créer un scandale pour une fille, risquer des emmerdes alors qu'il peut aller chasser ailleurs (tu peux même peut-être lui recommander un bar dans le coin). Tu ne passeras peut-être pas pour un prince charmant auprès de la gonzesse mais tu diminueras les chances de pugilat...

Je ne sais pas où tu t'entraînes mais ton cours de self doit devenir ton cours de théâtre... C'est cela qui t'empêchera de geler dans ta conversation. Moi quand j'entraîne, je force les gens à se parler en permanence (et pas toujours en s'agressant) afin de s'habituer à communiquer et réagir physiquement car en dehors d'une opération militaire (et encore, on ne parle pas de maintien de la paix), tout passe par le communication...